TOUR DU MONDE DE L’HABITAT VU PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE

Suède

#Mots-clés : Dernière mise à jour le 8 septembre 2017

ELEMENTS DE CONTEXTE

HISTOIRE

L’histoire ancienne de la Suède est violente et dramatique, émaillée de guerres et de conquêtes. Elle est habitée dès le début du néolithique. C’est au XIIIe siècle que va se former la première ébauche du pays : les rois suédois construisent des châteaux-forts, créent des administrations provinciales, imposent des lois, créent la Capitale de Stockholm et renforcent l’unité du pays.

Au XIVe siècle, les échanges commerciaux s’intensifient, en particulier avec les villes allemandes. Au cours des deux siècles suivants, jusqu’au milieu du XVIe, la Hanse occupe une position dominante dans le commerce avec la Suède, où l’ampleur des échanges donne naissance à de nombreuses villes.

Au XVIIe siècle, la Suède était une grande puissance européenne dont l’empire s’étendait sur une grande partie de l’Europe du Nord. Le pays a un régime parlementaire et une puissante armée. Mais ces dépenses d’armement fragilisent le pays qui perd du territoire.

Au XVIIIe siècle, le pays était tellement appauvri par ces guerres incessantes que la paix était devenue une condition de survie. Cette période favorisera l’émergence d’idées nouvelles donnant naissance progressivement au modèle économique et culturel suédois.

En 1814, Elle s’unit à la Norvège lors du traité de Kiel.Depuis, la Suède a vécu en paix, ce qui a été l’un des principaux facteurs de son développement et de sa prospérité. Elle a été l’un des rares pays européens épargnés par les deux guerres mondiales du XXe siècle. En 1905, La Norvège et la Suède se séparent.

POLITIQUE MODERNE : LE SOCIALISME A LA SUEDOISE

Durant l’Entre-deux guerres, la Suède connaît un essor sans précédent, notamment sous l’impulsion du parti social-libéral (socialisme à la suédoise). Dans l’après-guerre, elle s’est fait connaître par le rôle qu’elle a joué dans l’action internationale pour la paix. La Constitution est signée en 1975. Enfin en 1976, l’opposition libérale et conservatrice reprend le pouvoir mais cette emprise ne durera que six années avant que les sociaux-libéraux ne retrouvent la maîtrise au Parlement.

Source: Site Institut suédois

DEMOGRAPHIE

Actuellement, la Suède compte un peu plus de 9,4 millions d’habitants (source: Befolkningsstatistik. Statistiska centralbyrån.).

Il y a un peu plus d’un siècle, par contre, alors qu’elle était encore un pays agricole pauvre, la Suède était une terre d’émigration. De la fin du XIXe siècle aux années 1930, pas moins d’un million et demi de Suédois – le quart de la population – ont émigré, la plupart vers l’Amérique du Nord.

Par contre, le profil démographique suédois a fortement évolué depuis les années ’60, suite à d’importantes immigrations. La démographie suédoise a connu une mutation radicale au cours des cinquante dernières années avec l’afflux de centaines de milliers d’immigrants venus de toutes les régions du monde. Par rapport à sa population, la Suède compte aujourd’hui une part très élevée de personnes d’origine étrangère. Près d’un cinquième de ses neuf millions d’habitants sont nés à l’étranger ou ont deux parents nés à l’étranger. Les principaux groupes d’immigrés viennent des autres pays nordiques, de l’ex-Yougoslavie, d’Iran, d’Irak et d’Afrique. Beaucoup d’entre eux sont des réfugiés arrivés en Suède au cours des vingt dernières années. En peu de temps, l’immigration a apporté des changements spectaculaires et fait de la Suède un pays multiculturel et cosmopolite.

Source : https://sweden.se

On y retrouve une population majoritairement “active” avec une pyramide élargie en son tronc. La répartition par âge entraînera probablement un déséquilibre vers des populations plus âgées (actuellement actives) dans les années futures.

CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE

L’HABITAT

La Suède est un territoire très peu densément peuplé (21 habitants par km2). Cette population est loin d’être équitablement répartie, la moitié étant concentrée sur 3% du territoire : on retrouve presqu’un tiers de la population dans les trois villes principales : Stockholm, Göteborg et Malmö.

L’HABITAT TRADITIONNEL SUEDOIS

Tout en longueur, la Suède recouvre différentes zones climatiques (mais toujours polaire). Les températures peuvent descendre jusqu’à – 40°C et le pays est plongé dans la nuit six mois par an. Le matériau de base est le bois ou plus précisément le sapin (93 % du bois utilisé en Suède est du sapin). Ce matériau a une importante capacité thermique et sera utilisé dans l’ensemble du pays et ce depuis des générations.

En raison de son climat rude, la Suède a connu d’importantes modifications dans son habitat traditionnel. En effet pour se protéger de ces températures extrêmes, l’habitat doit être d’une efficacité redoutable et offrir à ses occupants le meilleur confort possible. Mais cette diversité architecturale existe de moins en moins, au profit de la maison que nous connaissons tous, la maison scandinave, rouge et aux contours de fenêtres blanc. Elle est faite d’une structure mixte bois-béton et permet d’offrir un meilleur confort à ses habitants que les constructions plus anciennes : murs et planchers en béton – extérieur bois recouvert d’un mélange huile et poudre de roche non absorbé par le bois pour lui permettre de respirer.

Voici quelques maisons traditionnelles suédoises :

Maison du Sud de la Suède avec soubassement en pierre. Ferme du Sud de la Suède : cheminée en pierre et toiture végétale. Maison paysanne en bois, sur pilotis pour d’être ensevelie sous la neige.

Source : 6climats6habitats

UNE LOGIQUE DE PLANIFICATION ANCIENNE ET TRES MAITRISEE

Le cas de Stockholm illustre de façon magistrale l’ancienneté de la planification spatiale en Suède. En dehors du fait que la capitale dispose depuis plus de trois siècles de services communaux chargés de l’entretien des voies et des lieux publics, son conseil municipal nomme depuis plus d’un siècle une « commission de l’urbanisme » qui gère et organise l’extension du tissu urbain selon les règles édictées par une succession raisonnée de plans d’urbanisme.

Pour comprendre la logique de la planification urbaine en Suède, il convient de garder à l’esprit deux idées essentielles :

  • PRIMO, jusqu’en 1850, la Suède ignorait la propriété privée du sol au sens actuel du terme, même si cette caractéristique a quelque peu évolué depuis. De plus, dès la seconde moitié du XIXème siècle, la plupart des communes ont procédé à des achats massifs de parcelles encore agricoles. A l’image de la majorité des villes suédoises, Stockholm contrôle donc aujourd’hui 70 % environ de la superficie totale de sa commune.
  • SECUNDO, un regroupement municipal d’ampleur considérable a été accompli dans les années 1970, réduisant à 277 le nombre des communes du pays. Ces dernières exercent de larges pouvoirs décentralisés et perçoivent une bonne part des impôts sur le revenu des citoyens. Elles disposent donc de puissants moyens, tant financiers que géographiques, pour mener en toute liberté leur politique.

Stockholm, tout comme les deux autres grandes villes, a réussi à conserver l’unité tant conceptuelle qu’administrative de l’agglomération parce que le gouvernement encourage la ville à acquérir des terrains, à l’amiable, sur les communes voisines. Il existe bel et bien un phénomène d’étalement urbain, mais maîtrisé. Les grandes villes s’étendent en constituant des sortes de grappes de petites villes nouvelles, dès les années ’50, en suivant les axes des transports en commun. Ces nouvelles villes sont de taille réduite : pas plus de quelques milliers d’habitants. Cette planification exemplaire existe depuis 1947, grâce à la puissance des réserves foncières des collectivités locales et aux rôles importants joués par les sociétés du secteur public ainsi que le secteur coopératif en matière de production du logement et d’équipements urbains.

Source : Urbanisme et société en Suède : les citadins à la conquête du bien-être, Guy Di Meo

Aspects légaux

DROIT AU LOGEMENT

Le droit au logement est à la fois incorporée dans la Constitution suédoise et établie par règlement.

  • Chapitre 1, article 2 (alinéa 2) de la Constitution, il est mentionné qu’il incombera à l’administration publique pour assurer, entre autres, le droit au logement. L’Etat définit les principes généraux et les grands axes de la politique du logement tandis que les municipalités sont chargés de la mise en œuvre avec une grande souplesse en fonction des spécificités de la municipalité.
  • Chapitre 4, article 1 (paragraphe 1) de la Loi sur les services sociaux (2001:453), toute personne qui est incapable de subvenir à ses besoins ou pour obtenir une aide, a droit à l’aide de la commission des affaires sociales (qui fait partie de l’administration municipale) pour son gagne-pain et de sa vie en général. En outre, conformément au chapitre 4, article 1 de la même loi, les personnes qui ont des objections suite à une décision prise par les services sociaux, peuvent interjeter appel de cette décision devant les tribunaux administratifs (c’est à dire en cas de rejet d’une demande d’louer support). Cette procédure est considérée comme plutôt efficace.

La Suède a ratifié la Charte sociale européenne révisée 29/05/1998, en acceptant 83 des 98 paragraphes de la Charte révisée, y compris l’article 31 sur le droit au logement. Elle a ratifié le Protocole additionnel prévoyant un système de plaintes collectives le 29/05/1998. Il n’a pas encore fait de déclaration permettant ONG nationales à soumettre des requêtes.

Source : FEANTSA, 2012

UNE TYPOLOGIE D’ACCES AU LOGEMENT

En Suède, vous pouvez louer ou être propriétaire d’une maison ou d’un logement. Il existe 4 formes différentes d’accès au logement :

  1. Le droit de location (Hyresrätt): La loi sur les locations définit les règles des droits et obligations des propriétaires et des locataires
  2. Appartement en propriété coopérative (Bostadsrätt) : voir partie sur l’habitat coopératif en Suède.
  3. Appartement en copropriété (Ägarlägenhet) : La copropriété des appartements est quelque chose de nouveau en Suède et cela ne s’applique qu’à des maisons nouvellement construites.
  4. Maison (Villa) : maison individuelle ou maison accolée (radhus) dont on est totalement propriétaire.

Source : Article du Nord Quotidien.

EXPULSIONS FORCEES

DROIT FONCIER

ACCAPAREMENT DES TERRES

PRATIQUES INTERESSANTES

  • La participation des locataires de logements sociaux : Hyresgästföreningen, l’Union suédoise des locataires a été créée en 1923 ! Elle représente plus de 90% du parc locatif suédois dans les négociations. Les syndicats de locataires sont financés par les membres, mais aussi par les cotisations des bailleurs. Les locataires qui veulent être élus reçoivent d’abord un programme de formation. Les sociétés communales de logement, outre le financement des syndicats, doivent aussi mener régulièrement des enquêtes de satisfaction auprès des locataires. Source : PDF téléchargeable CECODHAS.
  • Telge Hovsjö : un ancrage local pour impliquer les résidents et les jeunes. Hovsjö est un quartier de Södertälje, à environ 30 km au sud de Stockholm. Cette cité sociale datant des années ’70, connaissait un bâti dégradé, une population à bas revenus voire au chômage et une montée de la violence chez les jeunes (incendie de voitures – émeutes). Parmi les solutions originales trouvées, citons l’engagement de «grands frères / grandes soeurs» dans des activités positives, afin qu’ils servent de modèles à leurs cadets. À la demande des jeunes, une salle de gym a été ouverte. Les plus âgés d’entre eux ont participé à la construction de cette salle, qui est devenue très prisée et qui a contribué à réduire considérablement l’agitation. La salle est principalement gérée par des jeunes qui résident dans la cité. Les jeunes ont pu, durant l’été, participer à des chantiers de rénovation de leur cité sociale. Source : PDF CECODHAS.

Aspects sociaux et économiques

COUT DU LOGEMENT

La Suède a réussi sa déréglementation dans un certain nombre de secteurs, mais de fortes distorsions subsistent sur son marché du logement ; celles-ci entravent notamment le bon fonctionnement de l’offre et de la demande et excluent un grand nombre de Suédois du mode d’occupation qu’ils préfèrent. La demande est très différente d’une région à l’autre, comme le montre la forte hausse des prix dans les grandes villes, mais la réglementation est telle que les loyers ne peuvent pas refléter les prix du marché. Le dispositif de fixation des loyers – en vertu duquel les loyers du secteur privé sont basés sur les loyers négociés et régis par les coûts qui sont pratiqués par les bailleurs du secteur public – a entraîné, dans les grandes villes, d’importantes différences entre les loyers que les locataires sont prêts à payer et ceux qui sont effectivement pratiqués. Depuis 1996, les prix du logement progressent de plus de 8% par an environ jusqu’en 2008 !!!

Source : statistiques OCDE.

LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION

La construction de logements a nettement augmenté, mais en proportion du PIB, elle reste bien inférieure au niveau observé dans les autres pays de l’OCDE. Cela tient dans une certaine mesure au fait que les investissements antérieurs avaient été massivement subventionnés par l’État. Le contrôle des loyers contribue lui aussi à cette situation, car la construction de logements locatifs se situe à un niveau particulièrement bas. Cependant, la faible activité de construction est due également à un manque de concurrence dans ce secteur, avec la présence de fortes barrières à l’entrée et d’un syndicat puissant, de sorte que le coût de la construction est plus élevé que dans la plupart des autres pays européens ainsi que suite à des règles urbanistiques très strictes pour les communes.

Source : OCDE.

LOCATAIRES OU PROPRIETAIRES ?

Il faut se rappeler des 4 formes d’accès au logement pour interpréter ces chiffres : 41% des Suédois sont propriétaires de leur logement (moyenne européenne 2007 = 65%), 19% locataires sur le marché privé, 18% locataires sur le marché public et 22% vivent dans des coopératives d’habitation. Source : Rapport CECODHAS 2012.

LE LOGEMENT SOCIAL

Le logement social a comme objectif de permettre à tous l’accès à un logement de qualité et à un prix abordable. Il n’est pas soumis à des critères spécifiques d’attribution et en principe tout le monde peut prétendre à un logement social en location. C’est pourquoi on parle beaucoup plus volontiers de logement public que de logement social dans le cas de la Suède. Le secteur public prend largement la forme de compagnies municipales. Ces compagnies possèdent et gèrent 18% du marché total du logement et sont regroupées au sein de la SABO.

Depuis le début des années 1990, la tendance est cependant clairement à la réduction voire à la suppression des aides et subventions. Les compagnies empruntent leurs capitaux sur les marchés financiers au prix du marché et assument désormais elles-mêmes les risques économiques de leur activité, ce qui les a fragilisées. Ceci va dans le sens d’une nouvelle Loi sur les sociétés de logement public (2011) qui doivent désormais fonctionner selon des “principes commerciaux”.

Le mode de fixation des loyers, centré sur la notion d’intérêt général, est une des particularités suédoises (les systèmes danois et finlandais s’en rapprochent toutefois). Environ 90% des loyers suédois sont établis dans le cadre de négociations entre propriétaire et locataire. Les compagnies municipales de logement, les propriétaires-bailleurs et les locataires sont organisés au sein d’associations qui les représentent dans ces négociations. Les compagnies municipales étant sans but lucratif, le loyer négocié entre les compagnies et les locataires est basé sur une valeur d’utilisation. Ce loyer sert ensuite de référence : Le montant des loyers du marché privé ne peut excéder «substantiellement» celui d’un logement public équivalent dans le voisinage. Le mode de fixation des loyers permet donc une régulation du marché privé par le secteur public.

Sources : Rapport CECODHAS 2012 – Fiche DPHPDF du CECODHAS.

LE MOUVEMENT COOPERATIF : UNE ALTERNATIVE AU LOGEMENT SOCIAL

En Suède, 22% du parc national est composé de coopératives d’habitations (davantage encore à Stockholm). Historiquement, ce type d’habitat a apporté des réponses concrètes à la pénurie de logements et aux spéculations immobilières depuis le début du XXe siècle. L’objectif est au départ de donner à chacun la possibilité de contrôler son milieu de vie, sans condition de revenus. On peut dire qu’il s’agit alors de sociétés de propriétés de locataires.

Après la seconde guerre mondiale (1945), une aide individuelle au logement est mise en place dont peut bénéficier les habitants de ces coopératives. Ils reçoivent dès lors des aides directes de l’Etat et des mécanismes anti-spéculatifs sont mis en place.

Aujourd’hui, 75% des coopératives de logements sont affiliées à une des deux fédérations fondatrices ; les 25% restant étant des coopératives ‘indépendantes’ qui s’inscrivent dans la philosophie de l’habitat participatif et sont recensées par l’association Kollekivhus Nu (Co-housing Now). L’Etat n’intervient pas financièrement, mais la coopérative peut aider à obtenir un prêt bancaire.

Les caractéristiques des coopératives d’habitation :

  • En moyenne 80 logements par coopérative
  • L’immeuble et le terrain appartiennent à la société coopérative, les habitants sont propriétaires de parts sociales de la coopératives qui leur confèrent un titre de propriété.
  • Les habitants sont membres d’un des 2 organismes (sauf s’ils font partie de coopératives ‘indépendantes’).
  • Ils paient une redevance mensuelle pour couvrir les frais d’emprunt immobilier et de frais de gestion.
  • Le modèle de l’auto-gestion est le plus courant, mais parfois certaines coopératives emploient du personnel.

Source : Habicoop France

UNE ATTENTION DONNEE AUX POPULATIONS FRAGILISEES

  • LES PERSONNES AGEES : la Suède est le pays du monde qui consacre la plus forte part de son produit intérieur brut aux seniors, en favorisant le maintien à domicile. Les personnes âgées atteintes d’un handicap peuvent demander une subvention municipale pour pouvoir adapter leur logement. Un exemple de résidence pour personnes âgées en démence sénile : Vigs ÄngarFiche DPH.
  • LES SANS-ABRI : depuis 1999, le gouvernement a nommé un comité parlementaire appelé ‘le Comité pour les Sans-abris’ afin de travailler sur une période de trois ans pour créer une meilleure situation pour les sans domicile et prévenir le sans-abrisme. Il n’existe pas de droit au logement pour les sans-abris en Suède, mais une obligation pour les municipalités de fournir un hébergement temporaire dans les cas d’urgence. Cependant, le Comité pour les Sans-abri a suggéré que le droit à la subsistance, articulé dans la loi sur le Service Social, §4, soit complété avec le droit au logement pour ceux qui ne peuvent, par leurs propres efforts, obtenir un logement sur le marché régulier du logement. Source : Site FEANTSA. Un total d’environ 34 000 personnes, selon la définition formulée par le Conseil National de la Santé et du Bien-être, ont été signalées comme sans-abris ou exclues du marché du logement classique. Ce groupe comprend les personnes qui vivent dans des conditions très différentes et ont des besoins différents. La forte augmentation de personnes sans-abri concerne principalement les personnes qui vivent dans des solutions logement à long terme, tels que des appartements de “formation” et des appartements avec des contrats sociaux. Le logement des sans-abris et l’insécurité sont aujourd’hui une réalité pour un groupe important d’enfants en Suède. Source : cartographie réalisée par Social Styrelsen.
  • LES PERSONNES HANDICAPEES : l’objectif premier de la politique suédoise pour les handicapés est de longue date de donner aux personnes atteintes d’incapacités fonctionnelles le pouvoir et les moyens de gérer leur vie quotidienne. Dans la poursuite de cet objectif, l’accent est mis désormais sur la démocratie et les droits de l’homme plutôt que sur les questions de protection sociale. Les municipalités ont l’obligation d’offrir 10 services aux personnes handicapées. Source : La compensation du handicap en Suède, D. Noury.

Aspects culturel – religieux – symbolique

Les suédois ont toujours porté une attention particulière à l’intégration de la nature et de la culture : espaces verts, jeux pour enfants, maison de la culture, œuvres d’art dans l’espace public… Les suédois élisent domicile dans des maisons à ossature bois conçues pour vivre en cohérence avec la nature et afin de profiter au maximum de la lumière du jour (telles que les baies vitrées afin d’observer le spectacle de la nature).

Les lapons, éleveurs de rennes, habitent encore dans des logements en forme de tipis. Les Nations Unies ont reconnu aux SAMI (=lapons) le statut de peuple autochtone qui leur confère le droit de préserver et de développer leur artisanat, leur langue, leur éducation, leurs pratiques d’élevage du renne, leurs traditions et leur identité. Ils seraient aproximativement 20.000 en Suède.

Aspects écologiques

L’écologie comme politique générale

La Suède a été un pays précurseur en matière d’approche durable. Ayant constaté dès les années 1960 qu’il fallait faire face à une rapide destruction des ressources naturelles, elle a pris l’initiative en organisant la première conférence des Nations Unies sur l’environnement, qui s’est tenue à Stockholm en 1972. Depuis, elle n’a cessé de travailler activement, au plan national et international, pour la sauvegarde de l’environnement.

L’objectif global de la politique environnementale suédoise est de laisser à la prochaine génération une société dans laquelle les problèmes majeurs de l’environnement auront été résolus. La Suède est résolumment adepte de l’écologie urbaine.

La politique environnementale de la Suède se fonde sur seize objectifs de qualité environnementale (OQE) adoptés par le gouvernement et le Riksdag. Source : Portail suédois des objectifs environnementaux.

Les écoquartiers en Suède

  • Quartier d’Hammarby (Stockholm) = il a été été conçu dans le respect des normes écologiques propres aux quartiers durables et compte actuellement 17.000 habitants. Les autorités espèrent que le quartier écologique hébergera 25.000 habitants en 2017. Quelques caractéristiques d’Hammarby : des modes de transport en commun privilégiés, un système de location de véhicule, mixité des fonctions (écoles, commerces, bureaux,…), autoproduction d’énergie avec des panneaux solaires et de pompes à chaleur, récupération des eaux de pluie, robinets équipés de limiteurs de débit, recyclage des déchets avec tri automatique et valorisation pour le chauffage des logements, tous les produits vendus dans les commerces sont bio, « corridors biologiques »,…

Source : Institut suédois de développement durable.

  • Bo1 (Malmö) = “The city of tommorow” est un nouveau quartier situé dans le port Ouest de Malmö composé d’immeubles résidentiels ainsi que de bureaux, commerces et autres services. L’idée était de transformer en moins de 20 ans cet espace industriel en un espace de connaissances et de mode de vie durable. Les grues et les machines ont fait place à des parcs, des zones de baignade, des écoles, et du logement. L’objectif est pour le quartier est d’être un exemple international de réhabilitation durable dans un environnement urbain dense. Ce projet était également pensé dans une logique de stratégie et de développement de la ville de Malmö. Nombre d’habitants = 1000.
Système de collecte automatique Panneaux solaires Usine de traitement d’eau en plain air

Source des photographies : Ville de Malmö.

  • Augustenborg (Malmö) = Ekostaden Augustenborg est le nom collectif d’un programme pour faire du quartier d’Augustenborg un endroit socialement, économiquement et écologiquement plus durable. Ekostaden Augustenborg a été soutenu par le Programme du gouvernement local d’investissement et également financé par les principaux partenaires locaux à l’intérieur de la ville de Malmö et la société MKB. 1800 logements y sont réhabilités.
Restitution de l’eau de pluie au milieu naturel Panneaux solaires et toiture végétale Écologie ludique et esthétique
  • Communautés spontanées en Suède : Il existe actuellement une trentaine de projets connus et reconnus en Suède. Vous trouverez ci-joint la liste des projets existants et en cours sur le territoire. Site Intentional Communities.

Des écovillages

Understenshöjden est un Ecovillage situé dans Björkhagen à Stockholm. Le projet a été planifié et exécuté durant les années ’90 et est le premier écovillage de Stockholm. Le projet est constitué en coopérative d’habitation via le HSB (housing cooperative organization).Le projet abrite 44 appartements. Le projet a été lancé par des personnes, qui sur le plan écologique, se sont regroupés et ont créé cette organisation. Plus tard, l’organisation a reçu des terrains à bâtir de la municipalité.

Source : Site Understenshojden.

Bibliographie & Sitographie

SELON LES MOUVEMENTS SOCIAUX : PROBLEMES ET RECOMMANDATIONS

Problèmes majeurs :

  • Déficit important du secteur public : le déficit budgétaire du secteur public est très important en Suède. En 1994, il atteignait 10 %, c’est-à-dire le déficit le plus élevé des pays de l’OCDE à l’exclusion de la Grèce. Ce chiffre est largement supérieur aux 3 % exigés par les critères de convergence économique inscrits dans le traité de Maastricht. Ceci a pour conséquence de réduire le montant des aides au logement octroyé par l’Etat.
  • Habitations vides : la Suède est passée de façon spectaculaire d’une pénurie à un excédent d’habitations sur le marché du logement. Cette évolution a débuté en 1991 et, au début de 1994, près de 70 % des municipalités déclaraient avoir un surplus d’habitations. Ceci a eu de notables conséquences sur le marché du logement et le secteur de la construction.
  • Manque de logement dans les grandes villes pour les étrangers : le manque de logements dans les grandes villes freine l’installation des étrangers. Le paradoxe est que se sont ces mêmes villes qui peuvent leur fournir un travail. Il y a discordance entre offre de logements et offre d’emplois pour les étrangers.

Recommandations ou Propositions :

7 points de revendications ont été identifiés par BYGGNADS :

  • Construire au moins 40.000 nouveaux logements chaque année. Au cours des dix dernières années, 25.000 nouveaux logements ont été construits en moyenne par an.
  • Faire quelque chose de tangible pour le logement des jeunes. Les jeunes d’aujourd’hui constituent la première génération va avoir des problèmes à trouver un endroit pour vivre contrairement à la génération de leurs parents. Il faut donc investir dans le logement locatif.
  • Mettre en place un “R.O.T. programme”(crédit d’impôt pour la rénovation de logements en Suède), afin d’éviter que certains logements ne deviennent des taudis, y compris dans les coopératives d’habitation.
  • Rendre les maisons plus économes en énergie en collaboration avec le travail de rénovation.
  • Prendre des mesures supplémentaires pour rendre les maisons et les locaux accessibles pour les personnes âgées et les handicapés.
  • Poursuivre une politique du logement social. Tout le monde doit avoir le droit d’avoir sa propre maison et ce droit est souvent un préalable quand il s’agit de donner aux enfants un bon environnement pour grandir.
  • Établir un nouveau ministère pour le développement communautaire. Pendant trop longtemps, ces questions ont été réparties entre les différentes compétences politiques.

Liste non exhaustive de mouvements sociaux actifs :

  • HYRESGÄSTFÖRENINGEN = Union suédoise des locataires. Ils travaillent au droit au logement et à la participation active des locataires. Ils négocient le prix des loyers auprès des propriétaires, améliorent les relations entre propriétaires et locataires, mènent des actions de lobbying auprès des politiques afin d’améliorer la situation des locataires. Site Internet – Mail à envoyer via le site Internet.
  • HYRESGÄSTERNAS SPARKASSE BYGGNADSFÖRENING OCH – HSB = société fondée en 1923 qui favorise le développement de coopératives d’habitations. Ces coopératives impliquent une forte participation des candidats qui ont un pouvoir de décision, en ce compris l’aide à la constitution d’une épargne logement. Il existe des antennes régionales et nationale de cette organisation Site Internet – Mail via leur site Internet.
  • RIKSBYGGEN = coopérative de construction et de gestion dont les membres appartiennent au syndicat du secteur de la construction. Ils travaillent avec les habitants résidents, les entreprises commerciales et le secteur de l’Etat. Ils sont implantés partout dans le pays. Site Internet – Les contacter via leur site.
  • HOUSING DEVELOPMENT & MANAGMENT = institut de recherche et d’éducation en matière de logement et le développement urbain dans une perspective internationale (en lien avec l’Université de Lund). Son objectif est d’accroître les connaissances sur la façon de conduire et d’améliorer les processus participatifs conduisant à un bon logement dans une perspective de développement durable, et en particulier pour les pauvres. Site InternetAdresse mail
  • SWEDEN’S NATIONAL ASSOCIATION OF CITY MISSIONS = association caritative à l’initiative d’un prêtre qui estimait qu’il fallait lancer des ‘missions dans la ville” face au phénomène de grande pauvreté, c’est-à-dire ceux qui vivent ‘à la périphérie’ de la société (1952). C’est l’approche ‘santé’ dans le cadre d’un travail social urbain qui guide leurs actions et leur public cible : sans-abri ; toxicomanes ; personnes victimes d’assuétudes ; personnes en souffrance mentale. Ils proposent abris de nuit, centre de soins, entreprises sociales,… Vers site Internet – lien FEANTSAAdresse mail
  • KRIS = organisation d’ex-détenus travaillant à la promotion de la réinsertion des ex-détenus dans la société. Ils ont pour actions aussi bien la réinsertion par le travail, la santé, le logement,… Ils défendent les droits des ex-détenus notamment en matière de discrimination.Site InternetLes contacter.
  • KOLLEKTIVHUS NU = est une association qui promeut l’habitat collectif et le vivre autrement. Cette structure accompagne les habitats collectifs existants tout comme les projets en cours. Actuellement, 41 projets existent et 9 sous-structures les accompagnent. Site InternetLes contacter.
  • PENSIONÄRERNAS RIKSORGANISATION = association apolitique visant le bien-être des personnes âgées en Suède. Elle a pour mission de veiller aux intérêts des personnes âgées : santé, logement, sécurité, pensions,… La plupart des communes ont des permanences de cette association.Site InternetLes contacter.
  • INDEPENDENT LIVING INSTITUTE = est un centre de réflexion géré et contrôlé par les usagers eux-mêmes, spécialisé dans les actions pour le libre choix, l’autodétermination, le respect de soi et la dignité des personnes handicapées. Outre la fourniture d’information et de matériel de formation, il développe des solutions de services à l’intention des personnes atteintes de handicaps graves en Suède et ailleurs dans le monde.Site InternetLes contacter.
  • FAKTUM = Journal d’information et de défense des sans-abris. Distribué sur Gotheborg, il est vendu par les sans-abris aux passants afin de les informer de la situation des plus précaires.Site InternetLes contacter.
  • BYGGNADS = association militante du secteur de la construction, dans une perspective micro de relation entre la construction et le quotidien de chacun et dans une relation macro de construction du logement et de construction de la vie. Site InternetLes contacter.