TOUR DU MONDE DE L’HABITAT VU PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE

Insécurité urbaine

Dernière mise à jour le 18 janvier 2016

LES PREMICES DE LA REFLEXION : L’ECOLE DE CHICAGO

Dans les années 1920, l’école de Chicago, composée de chercheurs utilisant la ville de Chicago comme lieu d’expérimentation, va développer les premières réflexions autour de la criminalité urbaine composée à l’époque de jeunes gens organisés en gangs. Ils en concluent que la criminalité est due à la structure physique de la ville là où l’ordre social est désorganisé. De plus, le nombre de population d’origine immigrée ne change rien. Ce qui intervient dans les facteurs de criminalité sont : le statut économique des personnes – leur mobilité – l’hétérogénéité des quartiers.

Informations en français : Docu Free Software Foundation.

Informations en anglais : Note de Lutters et Ackerman.

Bien des choses ont déjà été écrites sur le sujet, nous ne retiendrons ici qu’une expérience américaine des années ’70 et une réflexion française des années ’90, permettant ainsi de mettre en évidence les variables sociologiques et psychologiques de l’insécurité.

UNE EXPERIENCE AUX ETATS UNIS DANS LE NEW JERSEY

Au milieu des années ’70, l’Etat du New Jersey annonce un programme pour des quartiers propres et sûrs afin d’améliorer la qualité de vie dans 28 villes. Des policiers vont effectuer des patrouilles à pieds afin de sécuriser les quartiers et faire baisser la criminalité. Après 5 années, une évaluation est réalisée à Washington pour vérifier les conséquences du projet. Les gens avaient acquis un sentiment de sécurité grâce à cette présence policière et ils étaient persuadés que le nombre d’actes criminels avait diminué. Cependant, les chiffres ne montraient aucun signe de baisse de la criminalité urbaine. Mais ce qui avait vraiment changé, c’était le rapport que les citoyens entretenaient maintenant avec cette police de quartier qui se déplaçait à pieds.

Cela avait changé les rapports entre les hommes. Même si les policiers étaient blancs et que les quartiers étaient majoritairement composés de noirs, ils se parlaient, les policiers s’inquiétant de personnes seules et saoules dans la rue ou rappelant certaines règles de civilité à des adolescents aux arrêts de bus. Les policiers prenaient surtout des mesures informelles et extrajudiciaires.

Les auteurs en déduisent toute une série de réflexions sur la nature des relations entre les citoyens qui habitent la ville, surtout s’ils sont défavorisés, ainsi que sur les fonctions que devraient assumer une police de quartier.

En savoir plus : Archives du Magasine The Atlantic.

UNE DEFINITION ET DES FACTEURS POUR MR ROCHE

Ainsi, la question de l’insécurité ne serait pas purement objective (liée par exemple au fait d’avoir subi un accident ou d’être proche d’une victime), mais serait un sentiment dépendant de variables en lien avec les relations que nous entretenons avec notre entourage.

Selon S. Roché, ce sentiment de sécurité serait à mettre directement en lien avec le nombre de relations personnelles que nous entretenons avec notre entourage ainsi le degré d’intensité de celles-ci.

Au vu de ces facteurs, il n’est pas étonnant qu’une personne âgée, plus isolée se sente plus insécurisée, de même que de vivre entouré de personnes d’une autre race, d’une autre culture avec lesquels nous n’avons aucun contact crée également un sentiment d’insécurité. L’auteur ajoute que le monde urbain n’offre pas/plus les repères nécessaires à l’être humain et l’obliger à vivre dans des “non lieux” tels que les grandes surfaces commerciales. Il se demande encore quels seraient les facteurs qui, dans un espace public donné, crée plus ou moins de comportements d’incivilité. Réflexions sur le sujet site Persée.

Finalement, nous dirons qu’il ne faut pas oublier qu’historiquement la ville a aussi été créée pour assurer à ses citoyens plus de sécurité (ville fortifiée face à l’ennemi), par rapport à la campagne où il ne faisait pas bon s’aventurer le nuit venue ! Mais en ville, l’ennemi vient de l’intérieur …

Sources : Georges L & Kellin and James Q Wilsons, “Broken windows” – 1982 + Sébastien Roché, Sociologue, “Le sentiment d’insécurité” – 1993 aux PUF et “Insécurité et libertés” – 1994 au SEUIL.