TOUR DU MONDE DE L’HABITAT VU PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE

Budget participatif

Dernière mise à jour le 4 septembre 2015

Le budget participatif est un processus par lequel la population définit la destination des ressources publiques, en général une partie ou la totalité des investissements.

Ubiratan de Souza, ancien élu du Parti des travailleurs à Porto Alegre, le définit comme “un processus de démocratie directe, volontaire et universel, par lequel la population peut discuter et définir le budget et les politiques publiques. Le budget participatif combine démocratie directe et représentative».

Une grande diversité d’expériences :

En 1989, Porto Alegre, ville d’un million d’habitants au sud du Brésil, se lance le défi d’un budget participatif entre gouvernement local et population. Dans son sillage, de nombreuses autres villes vont s’en inspirer pour le reproduire, l’adapter à des particularités locales, le dédier à un groupe particulier de la population…

Film « El Presupuesto Participativo en Porto Alegre – Brasil »

Plusieurs centaines d’expériences existent aujourd’hui dans tous les continents. Au-delà d’éléments communs, chaque contexte se construit sa manière de faire. Il en résulte une grande variété de modalités, chacune source d’inspiration à sa manière. Pour les habitants et les mouvements sociaux, Budget Participatif rime avec un nouveau mode de démocratie plus proche des besoins des citoyens, permettant de mieux comprendre et de décider au niveau local. Video didactique « Re-Inventing Democracy through Participatory Budgeting »

Des ingrédients communs :

Entre toutes ces expériences, on retrouve plusieurs aspects permanents

  • L’existence d’une volonté politique, basée sur une logique d’efficacité de l’action publique ou sur une motivation sociale ou encore sur un choix de démocratisation.
  • Des ressources financières : d’une partie (parfois limitée à quelques pourcents) jusqu’à l’ensemble du budget de l’entité.
  • Une mobilisation de la population, qui peut se faire de manière directe (tout le monde) et/ou par le biais d’organisations liées à des thèmes, des groupes d’acteurs ou des territoires spécifiques.
  • La révision régulière (généralement annuelle) des règles de fonctionnement avec la présence de tous les acteurs.

Chaque expérience s’articule sous la forme d’une séquence de moments, parmi lesquels on retrouve souvent : la définition des critères de répartition des ressources en fonction des quartiers/groupes, l’émergence de demandes ou propositions de la population, la construction de priorités entre toutes ces demandes recueillies, le choix entre toutes les priorités retenues, la construction da la matrice budgétaire, le vote du budget par les élus politiques.

Interview du Professeur Yves Cabannes pour mieux comprendre les enjeux et modes de faire de plusieurs budgets participatifs dans le monde : Interview Y. Cabannes (FRE)

Lors du sommet Africité 2012, de nombreux mouvements sociaux et de nombreux élus locaux ont exprimé leur intérêt pour une telle démarche, même si certains aspects pervers ont également été pointés du doigt. Pour éviter ces effets négatifs, il a semblé évident qu’il existait certains conditions à mettre en oeuvre. L’association ASSOAL au Cameroun est un acteur important du développement de ce procédé en Afrique de l’Ouest. Les premiers accords entre l’Amérique du Sud et l’Afrique ont été signés afin de renforcer les pratiques de chacun.

Pour aller plus loin :

Source :

  • Association Periferia : Page Internet
  • Les sites Internet présentant des documents ou vidéos.